La première journée d’études du dispositif d’observation des dynamiques culturelles et linguistiques de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) coorganisée avec l'AUF s’est invitée au Liban le 9 juillet 2018 au sein de l’Université Saint-Joseph et a rassemblé de nombreux universitaires francophones venus du monde entier.
Bon nombre d’intervenants se sont entendus pour dire que la promotion de la francophonie ne peut se faire dans la dénégation des autres langues. « Le développement équilibré du français et des autres langues est essentiel », a lancé Youma Fall, directrice du département langue française, culture et diversités de l’OIF. Toute langue constitue l’élément fondateur de l’identité d’un peuple, et il faut s’enraciner dans la sienne avant de s’ouvrir aux autres.
Pour Hervé Sabourin, directeur régional de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) au Moyen-Orient, « L’enjeu majeur de la francophonie est avant tout de participer à l’édification de sociétés inclusives, dynamiques, pluralistes et ouvertes sur le monde (…) sans jamais oublier que le français est une langue porteuse de valeurs universelles, d’une humanité grandie par les diversités qui la composent », comme il l’a confié lors de la cérémonie d’ouverture.
Pour Bassam Baraké, professeur de linguistique et président de l’Université Jinan (Liban), « le multilinguisme est un humanisme », il y a une relation indéniable entre la langue d’un individu et sa vision du monde, une corrélation réelle entre l’ouverture linguistique et l’ouverture intellectuelle. Apprendre une nouvelle langue, c’est étendre son appartenance sociale.
Des propositions concrètes
Parmi les propositions avancées pour multiplier les échanges et rencontres, celle de la mise en place d’un réseau erasmus francophone a été évoquée. Pourquoi, peut-on se demander, la création d’un énième réseau universitaire si tant d’autres existent déjà ? Il se trouve que dans la foulée de la mise en place d’Erasmus, beaucoup d’universités ont commencé à dispenser des cours en anglais. Systématiser le contact entre francophones peut ainsi continuer à montrer la pertinence et l’importance de la francophonie.
Avec la globalisation, les langues s’avèrent par ailleurs encore plus indispensables qu’avant. « Google emploie plus de linguistes et de traducteurs que d’informaticiens », confie Adel el-Zaim, professeur canadien.